L'Actualité juridique - Septembre 2020

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L'édito

Rentrée dans le monde d’après.

Dès le début de l’été, le monde d’après s’est montré, sous un jour moins rieur qu’espéré. La crise, moins que l’occasion de revigorer des solidarités fragiles, s’est avérée être un formidable accélérateur des tendances et de renforcement des tensions. Les tendances sont celles de la digitalisation, de la flexibilisation du travail, du télétravail, pour le meilleur ou pour le pire. Le renforcement des tensions s’observe avec l’accentuation de la dualisation du marché du travail et même, avec la confirmation de son archipélisation (fonctionnaires, salariés des grands groupes, des PME-TPE, intérimaires, temps partiels, travailleurs des plateformes, indépendants, micro-entrepreneurs…), avec la consolidation des fractures et des inégalités qui risque bien de rendre la pauvreté systémique. En outre, l’adversité dans laquelle nous a plongés la pandémie n’a pas produit l’émergence d’un sentiment de destin commun. Elle a favorisé les clivages ; elle a donné lieu à des poussées d’individualisme, à des comportements de chacun pour soi, intransigeants, nourris par la peur de l’autre perçu avant tout comme un malade en puissance, donc comme un ennemi, ou alimentés par la confusion, les cas de Covid consciencieusement dénombrés et quotidiennement annoncés désignant indistinctement des personnes testées positives, malades, hospitalisées, décédées...

Si le monde d’après n’est pas pire, il n’est pas non plus vraiment meilleur. Les « jours heureux » promis en mars se font décidément attendre.

Maryse Badel

Les commentaires

Ont participé à ce numéro

Maryse Badel

Valérie Lacoste-Mary

Sébastien Tournaux

Mise à jour le 09/09/2020