L'Actualité juridique - Novembre 2021

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L'édito

Une nouvelle direction, un même cap

Le 15 septembre dernier, notre Institut du travail connaissait un moment important dans sa vie institutionnelle. Valérie Lacoste-Mary cessait les fonctions de direction qu’elle y assurait depuis 8 ans et Alexandre Charbonneau était unanimement élu par le Conseil d’Administration pour lui succéder. Qui les connaît ne pourra que noter le changement de style issu de ce passage de relais. Mais qui les connaît saura aussi saisir, derrière leurs tempéraments bien différents, la préoccupation qu’ils partagent pour la qualité des formations et l’avenir de l’Institut, leur goût commun pour les débats d’idées et leur volonté sincère de démocratie.

Des qualités on ne peut plus précieuses au moment où une commission nouvelle vient de prendre place dans la sphère publique, Les lumières à l’ère numérique, plus connue sous le nom de Commission de lutte contre le complotisme. Là où l’on pourrait ne voir qu’une énième commission Théodule, cette instance missionnée pour lutter contre une désinformation facilitée et amplifiée par la vigueur des réseaux sociaux interroge toutefois, et ce d’autant plus que le contexte de son installation, dominé par le Covid et les clivages sociétaux qui en sont nés, a montré que le débat pouvait être confisqué sur certains sujets. Or entre le vrai et le fake, n’y a-t-il pas d’entre-deux ? Et du reste qu’est-ce que le vrai ? Un dogme qui, revêtu d’une dimension quasi-religieuse et porté par des adeptes aveuglés, confine à la révélation ? L’horizon des Lumières se serait-il à ce point obscurci que les esprits éclairés ne pensent plus possible l’existence d’une zone grise, qu’ils n’envisagent plus la possibilité du doute qui, propice à l’argument et à la confrontation des idées, est le ferment du progrès et le chemin le plus sûr vers la connaissance ? D’ailleurs, l’idée que la science énonce par principe la vérité est fausse, les controverses qui opposent les experts le montrent bien car le propre de la science est justement d’énoncer des hypothèses qui pourront être discutées et infirmées par l’expérience. Aussi, chacun doit être libre d’accéder à la diversité des idées et des faits, son sens critique doit être exercé car le scepticisme est fécond, et celui qui veut porter la contradiction ne doit pas être privé de le faire.

L’Institut du travail est lieu d’échanges, de débats et de rencontres. Loin de l’entre soi, il permet une ouverture sur la vie des lois sociales, une vie parfois chaotique et éloignée de la vérité décrite dans les Codes. Alexandre Charbonneau est désormais à sa barre. Alors nous souhaitons à notre nouveau capitaine qui, d’aucuns le savent, est aussi un spécialiste de droit du travail maritime, bon vent !

Maryse Badel

Les commentaires

Ont participé à ce numéro

Maryse Badel

Monique Ribeyrol

Sébastien Tournaux

Mise à jour le 07/01/2022